1975-1984

Retour en arrière

Au début des années 70, lors de mes études techniques, le premier chalenge que j’avais eu à relever avec mes camarades consistait à automatiser une très très ancienne fraiseuse manuelle. Pour obtenir la puissance recherchée, les technologies de la Première révolution industrielle furent employées, même si à cette époque, l’électricité (Deuxième Révolution) régnait en maître, l’hydraulique avait encore sa place dans les fortes puissances.

La fraiseuse hérita de vérins hydrauliques pilotés par un automatisme rudimentaire à base de relais électriques (pour mémoire, le premier automate programmable, développé par Richard E. Morley date de 1968, et les premières séries n’avaient pas encore franchi les portes des lycées techniques…). L’automate programmable deviendra la star du début des années 80.

Les relais permettaient de mieux appréhender les bits des futurs ordinateurs, un relais c’est 0 ou 1. Derrière chaque relais, il est possible d’en positionner un nouveau sur chacune des sorties, et ainsi de suite pour former une chaine de possibilités. C’est ainsi que l’on retrouve les fameux 2, 4, 8, 16, 32, 64, 128, 256, 512, 1024…. encore aujourd’hui.

Vous vous dites que l’école était retardée ? Pas vraiment, elle possédait aussi de premières machines CNC pilotées à l’aide d’un ruban perforé, que nous apprenions à fabriquer.

Remettons-nous dans le contexte. D’après vous le premier robot industriel, développé par George Devol et commercialisé par Joe Engelberger chez Unimation, était hydraulique ou électrique ? Hydraulique évidemment, comme beaucoup des premiers robots que ce soit chez Pharemme, Kuka ou Renault Automation. C’était en 1969. Et Joe disait souvent « Nous savions que cette machine serait utile, mais nous ne savions pas encore où. En revanche, j’étais persuadé que ce ne serait pas dans l’automobile». Il n’est pas interdit de se poser la même question 50 ans plus tard sur les humanoïdes…

Pour rester dans l’énergie hydraulique/pneumatique, en 1979, je tentais, professionnellement, de piloter un automatisme simple avec de petits boitiers pneumatiques. Il existait des boitiers pour la fonction ET ou d’autres pour la fonction OU, l’air propulsé par le compresseur suivait le chemin permettant en fonction d’une position donnée, de piloter une machine. La société Gachot, fabricant de robinets industriels, pour laquelle je travaillais à l’époque, avait tenté une diversification dans les années 70 avec des boitiers pneumatiques, je dois être un des derniers à avoir tenté de les utiliser. Gros avantage de cette technologie, pour savoir si l’automatisme était correctement programmé il suffisait de mettre sa main sur le tuyau pneumatique de sortie, la présence d’air ou non, donnait la réponse !!! Plus difficile en Electrique.

Un patron de PME qui allait se lancer, en 1985, dans la traduction français/anglais avec le système Systran (créé en 1968, par Peter Toma, chercheur au California Institute of Technology, et racheté par Jean Gachot qui croyait en l’avenir de la traduction automatique…)

Certes, ce passage par la Première Révolution fut bref, et quelque peu anecdotique, mais formateur.

De premières expériences qui se télescopaient avec l’arrivée annoncée des premiers robots industriels électriques comme ceux d’Asea. Et c’est, toujours chez Gachot, que j’introduisis, en 1980/81 un premier robot Asea, suivi d’un Puma d’Unimation (Puma). Jean Gachot restait précurseur et voulait automatiser ses lignes de productions de robinets. Une des rares PME à la pointe de la technologie (hors automobile qui tirait le marché avec les robots de soudage par points hydrauliques, puis électriques). Des cellules robots pilotées par un TSX de Télémécanique (les automates programmables de Télémécanique datant de 1980).

Pourquoi créer un magazine ?

Dans cette aventure industrielle j’étais coaché par un ingénieur conseil Jean-Pierre Petit, et c’est avec ce dernier et un autre ingénieur Patrice Ernandez que nous lancions le premier magazine en France dédiée à la robotique.

Nous avions fait le constat, lors d’échanges informels, qu’il était difficile d’installer ces premiers robots industriels dans des entreprises hors-automobile. Pour les PME, le challenge était complexe. A l’époque pas d’IA, pas de Web ou même de minitel avec 36.15 Industrie. La seule manière de s’informer, indépendamment des offreurs, se résumait à des conférences (encore rare, excepté au Cetim qui avait pris le sujet à cœur).

Aussi, pourquoi ne pas créer un magazine ? Surtout lorsque l’on ne connaît strictement rien au métier de la presse ? Soyons fou.

Ce sera « Axes Robotique » dont je devenais l’unique salarié et le Rédacteur en chef. C’était en 1982.

Un magazine trimestiel, puis bimestriel et enfin mensuel qui aura vécu une dizaine d’années (nous verrons que la première guerre du golfe nous aura été fatale). Ce sont quelques articles de cette décade qui vont alimenter ces Archives Industrielles.

Avant de rentrer dans le contenu, petit retour sur le matériel à disposition. Toujours pas d’IA, pas de web, seulement (à partir de 1985, date de sa sortie) un Atari 520 ST pour saisir des textes au kilomètre. Ces textes étaient ensuite ressaisis sur une photocomposeuse, extraits sous forme d’un rouleau de la largeur d’une colonne, un ozalid. Ensuite, il fallait corriger, découper au ciseau et coller pour former une page de magazine. Les photos étaient intégrées, la planche montée partait au service de repro pour produire des films, puis des plaques d’impression pour l’imprimerie.

Petite anecdote, vous remarquerez que les premiers Pdf de texte sont le plus souvent en Noir et blanc. A l’époque monter et imprimer un cahier en noir et blanc ou en couleur n’était facturé au même tarif. Il fallait faire un calcul pour positionner les cahiers de 4 ou 8 pages de manière à abaisser les couts d’impression.

Au plan de la rédaction, nous étions parmi les premiers, avec Libération, à travailler sur ordinateur, et notamment Atari, le quotidien national ayant même développé un logiciel dédié à la presse (Le Rédacteur) que nous nous étions empressé d’installer sur la machine. Apple a ensuite bouleversé la donne avec matériels et logiciels plus adaptés. Mais je peux vous assurer que l’Atari de 1985 était plus performant que les ordinateurs d’aujourd’hui, pas de fioriture à l’époque, une seule police, une seule largeur et du texte au kilomètre.

Des robots encore des robots
Installer des robots c’est bien, mais le manque d’information devenait problématique

Premier constat en refeuilletant les magazines, la robotique est omniprésente. Et l’on retrouve avec bonheur les noms de roboticiens français qui ont contribué à faire de ce début des années 80 une époque prolifique. Le tout assez soutenu par l’Etat avec par exemple l’Adepa et sa procédure MECA pour promouvoir les machines et équipements avancés,

Citons au hasard des pages : Afma Robot annonce en Juin 82 l’arrivée de son R3 ; Pharemme propose une cellule flexible avec son robot hydraulique desservant trois tours ; Sormel commercialise le Cadratic pour les applications d’assemblage dont il était l’un des leaders ; l’alsacien Serta arrive avec le premier robot scara français ; Scemi reste le fabricant du robot le plus design ; AKR révolutionne le marché de la peinture avec un robot livré avec un pantin que l’opérateur prend en main, le robot répliquant les mouvements ; ACB tout comme Commercy Soudure se spécialise dans le soudage à l’arc ; Albora et Sepro se partagent le marché du chargement/déchargement de presses d’injection plastique ; sans parler des robots d’assemblage et de petites manutentions chez AID, New-Mat ou Ericc, … et sans oublier le leader Acma, filiale de Renault, avec ses robots de soudage par points, hydrauliques puis électriques.

Il ne reste plus grand chose de ces précurseurs, rachetés pour les uns, disparus pour les autres. Je me souviens d’avoir reproché à Louis Schweitzer (pdg de Renault de 1992 à 2005) la vente de Renault Automation. Sa réponse avait été courte « on voit bien que vous n’avez pas vu les comptes ». Sans commentaire.

La vision faisait dans le même temps ses premiers pas avec Itmi à Grenoble, mais aussi le Visiomat de Matra Automation lancé en 1984 (Axes N°4 – Annonce Visimat de Matra).

Le Visiomat, un produit de Matra Automation, sera proposé industriellement dès janvier 1984. C’est une famille de modules de reconnaissance de formes et d’analyse d’images programmable, ce qui leur permet de couvrir un champ d’application très large: robotique, contrôle, inspection, identification, poursuite, télésurveillance…

En parallèle de la robotique les termes de DAO, CAO, FAO font leur entrée dans le langage des industriels (Axes N°1 – DAO,CAO,FAO).

D.A.O., C.A.O., F.A.O. … La multiplication des sigles qui désignent les nouveaux systèmes informatiques peut a priori rebuter les décideurs. Mais, après avoir ««décrypté» ces sigles qui signifient respectivement Dessin, Conception et Fabrication Assistés par Ordinateur, on imagine un peu mieux en quoi ils peuvent être utiles aux entreprises. En fait, il s’agit tout simplement de mettre au service des industries toute la puissance des moyens informatiques (calcul, mémoire, logique . .).

Si les très grandes entreprises n’ont pas hésité à engager d’importants investissements dans ce domaine, on peut comprendre que les P.M.E. aient hésité au départ.

Aujourd’hui, la mise au point de nouveaux matériels, moins coûteux et d’une utilisation plus simple, leur fait envisager à leur tour d’exploiter les possibilités de l’informatique pour l’amélioration des tâches et de la productivité.

Premiers Axes
En 1982 sort le numéro 1. On y retrouve des perles à foison

L’année 1982, avec le numéro 1 du magazine, démarre avec le passage de témoin entre Pierre Margrain et Michel Parent comme président de l’AFRI, l’Association Française de Robotique Industrielle. Une association disparue au début des années 90.

Et pour bien démarrer notre aventure au fil des numéros, une perle dans ce N°1, un premier article sur l’Usine du Futur (prémonitoire, non !!!) (Axes N°1 – Usine du futur).

Les impacts socio-économiques de la robotique, au stade actuel de cette technique, passionnent un grand nombre de spécialistes mais aussi la plupart des esprits curieux qu’une telle mutation ne saurait laisser indifférents. Elle touche en effet, dans tous les pays industrialisés, les salariés dont la nature du travail sera directement transformée mais aussi l’ensemble des populations, dans la mesure où, en modifiant tôt ou tard les valeurs professionnelles, économiques et culturelles, c’est toute une civilisation qui évolue à un rythme accéléré.

Sans entrer dans des théories par trop futuristes — lendemains qui chantent pour les uns, apocalypse pour les autres — certaines de ces études permettent d’entrevoir ce que sera bientôt le nouveau visage des entreprises industrielles.

Dans cet esprit, résolument concret, Axes Robotique se propose d’aborder successivement les principaux aspects de ce changement.

L’analyse de la situation actuelle des entreprises industrielles et des contraintes auxquelles elles sont soumises permet de décrire, sans trop de risque de se tromper, ce que sera L’usine du Futur.

Mais il faut surtout retenir la volonté de démocratiser la robotique et de s’intégrer dans le concret des PME. Aucun article sur les grands de l’automobile qui n’avaient pas spécialement besoin de nous, mais au contraire des exemples concrets dans toutes sortes d’entreprises.

Et ces quelques exemples tirés des premiers numéros (Axes N° 1 – 1982 / N°9 – 1984) montrent que l’industrie de cette époque était dynamique.

Voici quelques cas de cette période :

Pulvérisation robotisée – (Axes N°2 – Cominda)

Cominda, PME de 36 personnes qui investit une installation robotisée avec AKR (leader français en peinture) pour la phase importante de fabrication de piscine en polyester armé de fibre de verre de grandes dimensions, le robot projette sur un moule préalablement enduit de cire et revêtu de peinture des couches successives de polyester, jusqu’à obtenir une épaisseur de 7 mm.

Un robot de manutention chez un producteur de béton (Axes N°3 – Béton)

De nos jours, le béton coulé sur place entre moules, dans la construction d’immeubles par exemple, est souvent remplacé par des pièces plus petites assemblées sur place. De plus, les utilisateurs ont pris l’habitude d’acheter leurs produits courants sur stock, pour éviter de longs délais de livraison.

L’industriel doit désormais fabriquer en petites séries renouvelables une grande variété de pièces, ce qui implique une grande flexibilité de la fabrication. Assurée jusqu’ici par le seul personnel, cette souplesse ne peut plus guère être obtenue à des coûts supportables sans que les méthodes de production elles-mêmes soient remises en question.

Un robot pour deux machines à mouler (Axes N°4 – Semelles)

Le moulage de plastique est un secteur industriel trés vaste, qui compte de nombreuses entreprises se livrant une sévére concurrence. Pour se développer, elles doivent trouver chacune un créneau de marché sur lequel s’appuyer — à condition de maintenir et d’améliorer constamment leur productivité.

En Bourgogne, la société Bouchet, près de Beaune, s’est réservé la spécialité des pièces techniquement difficiles à réaliser. Parmi ses productions, des semelles pour chaussures de ski de fond munies de leur insert de fixation. Depuis septembre 1983, un robot dessert les deux machines à mouler qui produisent ces pièces au rythme de 3.000 paires par jour.

Sidérurgie: des robots pour le graissage des bobines (Axes N°4 – Sidérurgie)

La sidérurgie est un des secteurs économiques français en difficulté. Une des solutions, pour redresser la situation, peut-être pour ces entreprises de se moderniser, de réduire leurs coûts de production tout en améliorant les conditions de travail souvent très pénibles pour les ouvriers dans cette branche d’activité. La société Solmer, qui emploie près de 6.200 personnes, vient ainsi de réaliser dans son usine de Fos-sur-Mer la robotisation d’un atelier pénible : le graissage des bobines de tôle décapées, en bout de chaîne de production.

Deux robots chez un sous-traitant de capots de BX (Axes N°2 – BX)

Depuis les sièges du Parc des Princes construits il y a quelques années déjà, les matériaux composites se développent rapidement, envahissant même le fief traditionnel de l’acier qu’est l’industrie automobile. Il ne s’agit plus aujourd’hui de voitures de petite série — Renault Alpine ou Murena — mais de grandes séries de pièces: les capots des modèles BX de Citroën. De 50 pièces moulées par jour, on arrive ainsi à des séries de 1.200.

Ebavurage robotisé de pièces en céramique (Axes N°8 – Ebavurage)

Se décider rapidement dans le choix d’un robot n’est pas précisément la méthode la plus recommandée. Pourtant elle a réussi au patron d’une petite entreprise qui, arrivé le matin chez un constructeur sans connaître le robot, est reparti à midi après avoir signé un bon de commande. Cela se passait en 1982.

Le cardage des chaussures se robotise (Axes N°9 – Cardage)

L’industrie de la chaussure est un des secteurs industriels qui remet en cause son outil de production et sa fabrication dans son ensemble tous les six mois (période qui risque dans les années futures de tendre vers les trois mois). Cet état de choses qui lui impose une flexibilité importante, n’a paradoxalement pas poussé ce secteur industriel vers la robotique. Peu de robots sont actuellement en service dans ce secteur industriel.

Un peu de technique
En plus de la robotique apparaissent les premiers sujets sur la CAO ou les réseaux

Inspiré par « 5 colonnes à la une », nous lançons notre « 5 face à … la rédaction », premier sujet la CAO avec un invité alors tout jeune, Dassault Systèmes qui arrivait sur le marché.

(Axes N°9 – CAO et Robotique)

Face au comité de rédaction, deux constructeurs de systèmes CAO, un constructeur de robot, un ingénieriste et un utilisateur.

Réponse à l’une de nos questions du représentant de Dassault Systèmes

« Notre logiciel est sur le marché depuis maintenant un an, après des améliorations il est actuellement en marketing-test chez plusieurs clients, nous ne pouvons donc pas parler pour le moment de commercialisation à proprement parlé. Mais les contacts sont encourageants ».

Pour une fois, la vérité a dépassé les espérances, aujourd’hui Dassault Systèmes réalise plus de 6 milliards de chiffre d’affaires annuel.

Autre avancée significative, Intel qui annonce le Bitbus (Axes N°6 – Bitbus)

Intel vient de présenter une nouvelle architecture d’interconnexion normalisée, destinée à la commande répartie de machines industrielles intelligentes. Cette connexion, le Bitbus, permet d’établir des communications à hautes performances entre les modules de commande répartie et leurs applications respectives…

La plus grande vitesse – 2,4 mégabauds – est mise en place à l’aide d’un câble à quatre fils sur une distance maximale de 30 mètres et peut soutenir jusqu’à 30 nœuds de Bitbus. Dix répéteurs au plus peuvent être connectés entre deux nœuds de Bitbus.

Un robot d’assemblage et son langage (Axes N°3 – Scemi)

Je vous ai parlé de Scemi qui avec son robot commençait à se faire une solide réputation, nous avions expliqué comment il fallait le programmer.

Un robot français né l’année dernière a acquis, en très peu de temps, une réputation enviable : c’est le robot d’assemblage de la Scemi.

Les concepteurs s’étaient fixé des objectifs ambitieux : le robot devait être capable de déplacer rapidement une masse d’un kilo, avec une précision permettant l’assemblage de pièces mécaniques ; le volume balayé devait avoir un rayon d’action de 60 cm.

L’examen détaillé du robot — mais aussi la description du langage qu’il utilise — montre de quelle manière la Scemi a atteint ses objectifs.

Enfin des statistiques, début 1984
Pour la première fois, les robots sont comptés. Et la France s’en sort bien

Début 1984, nous étions un peu fâchés par les chiffres annoncés par le ministère de l’industrie qui, nous semblait-il, avait fait un travail au doigt mouillé. Aussi, nous avons pris notre courage à deux mains, et lançait ce qui allait devenir pendant de longues années, l’un des produits phares de Axes Robotique, les statistiques annuelles.

Des chiffres qui étaient repris pour la France par les instances internationales, ces dernières demandant même aux autres pays d’en prendre de la graine et de s’inspirer de notre méthodologie.

Il faut dire que trop souvent les statistiques sont la somme cumulée des données fournies par les offreurs qui ont parfois tendance à confondre les ventes et les espérances de ventes… Je n’ai jamais eu, en 30 ans de statistiques, un offreur me disant « je n’ai rien vendu cette année ». De plus, à l’époque, le nombre de robots français était important, et il y avait des exportations qu’il fallait déduire (car non installés en France).

Bref la solution s’est imposée d’elle-même, appeler les fournisseurs et recouper systématiquement avec les utilisateurs lorsque le nombre devenait important.

(Axes N°4 – Statistiques)

Pour la première fois, le nombre de robots installés dans les entreprises françaises a été recensé. Cette étude complète, menée par Axes Robotique, permet de connaître au 31 décembre 1983 la répartition des robots par nature de travail effectué, par domaine d’activité.

L’étude fait apparaître un nombre total de robots qui dépasse de loin — de 35% environ — le chiffre annoncé depuis près de deux ans dans tous les articles de presse, français ou étrangers. Le total est en effet de 1.280 robots. S’il ne nous place pas au premier rang, il sort tout de même la robotique française du peloton de retardataires dans lequel certains se plaisaient à la reléguer. 619 robots sont français sur 1280, soit 48,3 %.

Pour compléter les statistiques nous avions également eu un grand Entretien avec Paraskevas Caracostas, économiste qui venait de réaliser, pour la Dafsa, une analyse intitulée « la robotique industrielle : stratégies de croissance ».

Des données fort intéressantes apparaissent et nous avions demandé à son auteur de commenter quelques-unes de ses conclusions.

Parmi nos questions :

Selon vous, Renault n’a pas su profiter de son expérience importante pour commercialiser ses produits hors du secteur automobile. La Régie peut-elle rattraper ce retard vis-à-vis de constructeurs étrangers bien implantés dans nos P.M.l. et qui possèdent une expérience non négligeable hors automobile ?

Ou

En France, trois grands groupes, voire quatre, ont tendance à créer une stratégie d’intégration globale de la production. N’est-ce pas trop ? Laquelle, d’après vous, serait la mieux armée ?

Ou

Fin 1983, les robots implantés en France sont étrangers pour 51,7% tandis que le pourcentage de robots français implantés à I’étranger est très faible. Quel serait selon vous le remède à ce déséquilibre ? En résumé, comment voyez-vous l’avenir de la robotique française, en France et dans le monde ?

A vous de découvrir les réponses dans l’article

(Axes N°6 – Dalsa)

La recherche n’était pas en reste avec le programme RAM

(Axes N°6 – Lancement du programme R.A.M.)

Les chefs d’Etats et de Gouvernement réunis au sommet de Versailles du 4 au 6 juin 1982 ont constitué un groupe de travail intitulé «Technologie, Croissance, Emploi». Ce groupe présentait son premier rapport a Williamsburg a la mi-83, associant a un texte d’orientation générale dix-sept projets de coopération entre pays, répartis en quatre groupes.

L’un de ces projets, baptisé « Robotique Avancée », est piloté par la France et le Japon et compte parmi les pays intéressés aux travaux le Canada, la Grande-Bretagne, les U.S.A., la R.F.A., l’Italie; l’Autriche et la C.E.E. se sont ralliés par la suite à ce groupe à titre d’observateurs.

Avant de passer à 1985
Quand la robotique donne des ailes

Pour terminer cette première Décade, qui ne comprend que 9 magazines, il est à noter que la société d’éditions s’était lancée dans trois nouveaux projets.

Premier, un livre recensant l’ensemble des robots, qui sera réactualisé tous les ans avec un grand succès. Ce sera le Guide de l’utilisateur robot avec une première édition en 1984.

Deuxième, fin 1984 une révolution avec le Cesta. Axes trouve un accord disant « vous pourrez vous tenir au courant des évolutions mondiales au jour le jour grâce au réseau Teletel et plus particulièrement à une banque de données baptisée « robotel ». Eh, oui la robotique rentrait dans le minitel (créé en 1978) … pas encore de 36.15 mais presque.

Troisièmement, le plus fou. Fort du succès des premiers numéros d’Axes, la société d’éditions se lance dans un nouveau magazine, son nom « Intelligence Artificielle et Systèmes Experts », il faudra trois numéros pour se rendre compte que le marché publicitaire est encore atone sur ce thème. Prouvant ainsi qu’il ne faut pas avoir les bonnes idées trop tôt.

Mais je ne peux m’empêcher de vous publier l’un des articles parus fin 1983 sur le thème de l’IA et intitulé « L’intelligence artificielle : le rêve et la réalité »

« Depuis la création du premier ordinateur, les chercheurs de tout pays songent à un système qui serait capable de simuler, dans sa démarche, le fonctionnement du cerveau humain. L’ensemble des techniques mises en œuvre pour y aboutir sont regroupées sous les vocables « INTELLIGENCE ARTIFICIELLE».

L’aspect utopique qui recouvrait ce grand projet s’estompe de jour en jour ; en effet, bien que nous n’en soyons qu’au stade de la mise au point, l’ordinateur est capable d’effectuer des tâches qui, il y a encore quelques temps, relevaient de l’imagination pure et simple.

Un grand nombre d’observateurs, considère que la commercialisation de systèmes «experts» (mettant en œuvre l’intelligence artificielle) est proche. Beaucoup estiment que ce stade marquera grandement l’histoire de l’informatique et sera le plus important progrès obtenu dans ce domaine au cours des vingt dernières années ».

Intelligence Artificielle et Productique N°1.

Et pour finir en beauté, quelques couvertures. Axes 1 , Axes 2Axes 3Axes 4Axes 5Axes 7.