1995-2004

La guerre des Réseaux. Vive Terrain
Les réseaux prennent de plus en plus d’importance

Fin 94, début 95 arrive un deuxième magazine qui va compléter RobAut, son nom : Terrain.

Vers la fin des années 80, les solutions centralisées commencent à s’ouvrir. L’approche « système unique » voit la concurrence de nouveaux entrants qui apportent des solutions qui doivent « discuter » avec les automates. Ce sera le commencement d’une redistribution des rôles. Aujourd’hui, il ne viendrait jamais l’idée à un industriel d’investir dans un système propriétaire non ouvert vers l’extérieur. C’était pourtant la règle à l’époque.

Pour communiquer il faut un protocole, des règles… mais aussi des besoins différents en fonction des industriels, et donc des réseaux différents. Il faut également reconnaître que les géants des automatismes freinaient des quatre fers pour éviter de perdre des parts de marché, donc quoi de mieux que de promouvoir leur propre réseau ? C’est ainsi que Siemens poussait pour Profibus, Schneider pour Fip puis WordFip mais aussi Modbus, Rockwell pour DeviceNet… Bref, la guerre des réseaux était lancée, et il fallait bien y dédier un magazine, ce sera Terrain qui connut un véritable succès.

D’Exporobot/Expovision à Solutions Robotiques/Vision
Changement de propriétaire et de noms pour les salons

A quelques mois d’intervalle après le dépôt de bilan d’Axes Communication, c’était le Birp qui subissait la même sanction. Racheté par Infopromotions, géré par Sylvain Arquié, je me tournais vers ce dernier qui, bien que possédant avec le rachat 50% d’Exporobot/Expovision, souhaitait profiter de notre expertise, c’est ainsi que naissaient Solutions Robotiques et Solutions Vision. Le groupe mené par Sylvain avait déjà pas mal investit le marché avec ses salons Solutions, il y avait Solutions GPAO, Solutions ERP… et, 30 ans plus tard, il continu toujours à surfer sur la vague des Solutions. Et, c’est ainsi que se tenait en mars 95, la première édition.

Cassettes et Disquettes

Comme il semble loin le temps des disquettes 3.5 pouces et des cassettes VHS. Pourtant en ce début des années 90, chaque numéro était rempli de bons de commande pour recevoir des disquettes d’évaluation de divers logiciels comme Topkapi, Fix sous Windows… ou des cassettes de solutions industrielles proposées par Reis, Adept, Comau ou Staubli.

Ces offres étaient même mises en avant sur la couverture du magazine, elles venaient compléter les catalogues de fournisseurs.

Couv RobAut N° 7

Les réseaux en l’an 2.000
Une première étude de marché sur le sujet des réseaux industriels

Les réseaux de terrain sont en pleine phase d’expansion, il est donc normal qu’ils commencent à intéresser les instituts de prospective.

Le premier à publier un travail européen est Töpffer en Allemagne qui s’est intéressé à quatre pays principaux : l’Italie, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne.

Ces seuls pays représentant entre les 2/3 et les 3/4 du marché européen, ils donnent une image intéressante à un instant “t” de ce marché.

Un éclairage suffisant mais, comme nous le verrons, assez diffus ; chaque pays ayant des antécédents bien établis, seuls quelques réseaux ont une envergure européenne.

Ce sont près de 800 personnes en Europe qui ont été interviewées : des offreurs, comme des institutionnels ou des utilisateurs.

Terrain N°4 – Les réseaux en l’an 2.000

Des Holons autonomes et coopératifs
Ahhh, si les Holons vous étiaent contés

Quiconque n’a pas visité, une fois dans sa vie, Automation Fair aux Etats-Unis ne peut imaginer tout ce qui était dans les tuyaux américains dans ces années-là. Et c’est lors de mon passage sur l’une des éditions que je demandais, après avoir longtemps échangés avec un petit groupe de chercheurs de Rockwell Automation, de nous écrire un article sur ce qu’ils entendaient par Systèmes Holoniques, sensés bouleverser le monde industriel.

Pour eux, un holon est un module autonome et coopératif utilisé pour transformer, transporter, stocker ou valider des données. Autonomie indique la capacité qu’à un module indépendant de concevoir et d’exécuter ses propres plans, Coopération indique la façon dont plusieurs modules indépendants développent ensemble des plans communs et les exécutent harmonieusement.

Des agents indépendants… en 1995. Il y a 30 ans, ils avaient déjà une belle vision du futur.
Terrain N°7

Kuka contrôleur Windows 95
Le premier à oser faire « confiance » à Microsoft sera allemand

Il fallait être “gonflé” pour passer d’un contrôleur de robots à base de commande numérique à un contrôleur entièrement composé d’un PC industriel et programmable par Windows 95.

Ce pari, avouons que peu de personnes s’attendaient à ce qu’il vienne du côté allemand. Et pourtant c’est Kuka qui tournait une page, en 1995, du livre de la robotique industrielle.

RobAut N°17 – Kuka piloté par PC

Règlement de compte à Chicago

Coté bus de terrain, l’ISA Show 96 n’a pas déçu. Entre Rockwell Automation qui propose ControlNet à la Fieldbus Foundation, cette dernière qui annonçant ses projets, et Profibus PA qui se donne six mois avant ses premières applications.

Il y avait du sport à Chicago cette année-là.

Terrain N°11 – Règlement de compte à Chicago

Applicatif, le troisième larron

Après les RobAut et Terrain, nous décidions de lancer un troisième magazine. Son nom : Applicatif. Une revue qui allait parler logiciels, avec l’arrivée de Microsoft, des logiciels de supervision et des automaticiens qui annonçaient un basculement de l’API vers les PC, c’était le moment.

Dans le premier numéro deux articles montraient clairement cette tendance,

Une interview de Microsoft dans laquelle nous demandions : Mais que veut Microsoft dans le manufacturing ? Réponse : « Aujourd’hui, la majorité des entreprises industrielles sont clientes de Microsoft, mais avec nos produits de base comme la bureautique. Avec ces produits de base, nous sommes encore loin du métier des différentes entreprises.

Grâce à la modularité de nos produits, nous pouvons intéresser nos clients et leur apporter une capacité d’évolution jusque dans leur métier propre. Nous voulons rajouter à la bureautique, le métier du client ».

Applicatif N°1 – Microsoft

Puis un nouveau slogan pour Siemens “Totally Integrated Automation”. Sous ce nom, la société allemande passe à la vitesse supérieure dans le domaine du logiciel.

Pour Siemens, ce marché de l’automatisation, estimé à 64 milliards de Francs, se découpe en trois grandes parties : les produits matériels et systèmes pour le manufacturier, les produits matériels et systèmes pour le process, et les produits logiciels.

Pour la partie matérielle, nous avons pratiquement fini nos développements, le grand axe c’est le soft.  Car l’avenir ne sera ni aux PC, ni aux automates programmables, il sera logiciel” nous annonce C. Jaeger.

Le premier objectif de cette approche est d’arriver à fondre l’ensemble des mondes manufacturier et process.

Applicatif N°1 – Siemens

Stats 95
Des statistiques robotique, toujours sans la Chine

Les chiffres fournis par l’IFR (International Federation of Robotics) en 95 sont encourageants à plusieurs titres.

D’abord, les ventes ont progressé de 26% en 1995 avec 75.500 unités vendues représentant un chiffre d’affaires de 5,7 milliards de dollars soit 33% de mieux qu’en 1994. Ensuite, la projection faite jusqu’en 1999 montre que la moyenne de l’augmentation des ventes devrait être de 15%.

En découpant le marché en trois grands pôles d’influence, on retrouve le Japon avec $2,5 milliards (+36%), les Etats-Unis avec $900 millions (+30%) et une grande partie de l’Europe regroupant Allemagne, Italie, France et Royaume-Uni avec $1 milliard (+36%).

Et toujours pas de Chine à l’horizon….

RobAut N°16 – Statistiques 95

Ethernet partout
Un titre qu’il fallait oser en 1996… l’avenir lui a donné raison

1997 premier papier sur Ethernet. En fait le CIM (Computer Integrated Manufacturing) des années 80 a pris un sérieux coup. Bien entendu, l’information navigue toujours du haut vers le bas, mais la réciproque devient de plus en plus vraie avec la décentralisation à outrance de l’information.

Et c’est HP qui propose le HP Open View Network Management, capteur intelligent qui commence à dialoguer avec le haut de la pyramide. Du coup, il souhaitait être présent à tous les niveaux, et propose un concept qui veut répondre à l’ensemble des besoins informatiques.

En ce début de 97, quelques unités de production sont en train de servir de site pilote à HP. Un certain nombre d’intégrateurs s’intéressent également au produit car Ethernet ne sera pas toujours présent tout au long de l’entreprise, les passerelles vont devenir indispensables, des perspectives pour beaucoup d’entreprises.

Terrain N°13 – Ethernet partout

Fin de l’Afri
Fin de l’association de robotique, fin d’une époque

1998 marque la fin de l’AFRI (Association Française de Robotique Industrielle) et dire que c’était le lieu de nos premiers amours. Tout se termine en chanson et c’est, donc, en chanson que nous avons annoncé qu’après 20 ans de service, l’Association venait de mettre fin à ses activités, faute de combattants.

Les adhérents et les administrateurs ont décidé d’arrêter l’Association.

Nous prenions acte, tout en déplorant cette décision. C’était la fin d’une époque, la fin d’une robotique généreuse, la fin d’un bien beau voyage auquel tous les acteurs de la robotique avaient peu ou prou participé.

RobAut N° 21 – Fin de l’Afri

RobAut + Terrain + Applicatif = J’automatise

Fin-98 était marqué par la fusion des magazines RobAut, Terrain et Applicatif. Ce qui allait devenir Jautomatise (N°1 daté Décembre 98/Janvier 99), magazine qui aura duré 27 ans. Pas mal dans ce milieu de la presse professionnelle.

Nous suivions en ce sens la fin de l’AFRI (qui était à l’origine du titre Jautomatise). A l’époque tout le monde cherchait à élargir son périmètre, nous sentions déjà que l’automaticien allait devoir acquérir des compétences en Robotique, en Informatique, en Réseaux… et réciproquement l’Informaticien allait devoir comprendre le monde des Automatismes.

Les mondes de l’IT (Technologies de l’Information, plutôt informatique) et de l’OT (Technologies Opérationnelles, plutôt dans l’atelier) devaient se parler, même si leurs langages étaient bien différents, les uns causaient temps réel (terme qui ne signifie pas grand-chose) et les autres déterminisme (garanti qu’une action sera faite dans un temps déterminé, souvent de l’ordre de la ms). Pour un automaticien, lorsque l’opérateur appuie sur un bouton d’arrêt d’urgence, le déterminisme est déterminant, le temps réel un risque d’accident potentiel….

Usine transparente, révolution ou évolution

Avant de changer de siècle les grands offreurs d’automatismes décident de sauter le pas, et de s’ouvrir. Changement de pied, tout en tentant de conserver le plus possible de briques, et donc une transparence toute relative.

C’est ainsi que Schneider annonce Transparent Factory qui se compose d’un ensemble d’outils aidant les clients à bénéficier des informations qui sont présentes au niveau de l’usine dans des périphériques tels que les automates programmables industriels, les E/S et les stations de travail.

Jautomatise N° 2 – Usine Transparente

Avec son nouveau slogan  » IT-Revolution in Industry ”, Siemens veut montrer sa volonté de rester leader dans le domaine industriel. La miniaturisation et la décentralisation ont pris le pas sur les automatismes d’antan, en plus d’autres médias sont venus se rajouter qui jusqu’ici n’étaient pas présents dans le monde industriel comme Internet.

Ces changements peuvent être ressentis par certains comme une évolution mais par d’autres comme une révolution et le monde industriel a autant besoin de changement que de stabilité, il faut donc accompagner les industriels vers ce monde de demain, tout en préservant l’acquis.

C’est ainsi que la période “ IT ” vient compléter la période TIA (Totally Integrated Automation) de 1996. Ce nouveau concept va donner encore plus de place au logiciel.

Jautomatise N°3 – Révolution sans révolution

La vérité sur les robots parallèles

Depuis déjà une dizaine d’années une nouvelle génération de cinématique est en train de se frayer un chemin, celle des robots parallèles. lls sont fin 90, quelques centaines dans le monde.
Les robots parallèles se sont inspirés des plates-formes de Stewart qui sont appliquées depuis un certain temps comme structures mobiles aux simulateurs de vol (les mêmes simulateurs que vous trouvez au Parc de la Villette ou à Disney et qui vous secouent dans tous les sens).

C’est à partir de ce concept que l’Ecole de Lausanne a développé son premier robot à structures parallèles avec pour objectif d’atteindre des performances, en cadence et en précision, encore inatteignables par les robots sériels.

Je vous raconte l’histoire pleine de droits et de licences des premiers robots parallèles.

Jautomatise N°4 – La vérité sur les robots parallèles

L’automobile du futur

Si j’écrivais la majorité des articles, il m’arrivait de me tourner vers des « sachants » qui en m’écrivaient quelques articles, c’est ainsi que j’avais souhaité faire le point sur l’automobile du futur, suite aux travaux notamment de l’Inria ou du programme LaRA. C’est ainsi que Michel Parent (ancien président de l’Afri) et Yves Sorel présentaient, en 1999, leur vision de l’automobile communicante du futur et de la route automatisée.

Lorsqu’ils parlent de long terme (30 ans disent-ils) c’est pour 2029…. Tiens tiens, intéressant ce petit retour en arrière.

Jautomatise N°6 – L’automobile du futur

Les maitres du jeu

Trop rarement les utilisateurs ont la possibilité de s’exprimer sur les bus de terrain, l’informatique industrielle ou l’automatisation en général.

Nous leur avons ouvert nos colonnes, et ils s’en donnent à cœur joie. Parmi les invités, Eaton, L. Roederer, Thomson, PCI, Renault, Montupet…

Jautomatise N°9 – Les maitres du jeu

Ethernet, bus magique ?

Ethernet va-t-il remplacer tous nos bons vieux bus de terrain ? La réponse des offreurs semble être négative, il existe encore des sujets sur lesquels Ethernet amène plus de questions que de réponses.

Eh oui, en 2.000 le sujet fait encore polémique, il faut dire que les termes comme le déterminisme, la fragilité des composants… ont la vie dure, et lorsque je demande aux offreurs s’ils conseillent à leurs clients de passer sur Ethernet, la réponse est claire et unanime. NON.

Jautomatise N°12 – Ethernet, bus magique ?

Vingt ans d’automobile et de robotique

Comment comparer les chiffres sur les robots installés, toujours sujet à caution, chaque pays faisant un peu n’importe quoi ?

L’idée est venue en 2.000, il suffit de prendre les chiffres des ventes de voitures qui eux sont assez clairs et valables. Puis, en ayant le nombre de voitures produites par pays, faire un calcul rapide combien de robots dans l’automobile et surtout combien de robots de soudage par points. Et il devient possible de voir plus clair, l’Espagne, le plus bas, a 1.2 robot pour 1000 voitures produites et le plus haut la Corée est à 3,16 ; la France est à 1,63 et l’Allemagne à 2,93.

Jautomatise n° 15 – Vingt ans d’automobile et de robotique

Ethernet viable comme bus de terrain ?

Sujet des années 2.000, va-t-on remplacer les bus de terrain par Ethernet ?

Pour cela plusieurs entreprises répondent et notamment PSA pour qui « Avant de remplacer les bus de terrain par Ethernet, il faudrait qu’Ethernet amène quelque chose de plus, et j’ai l’impression qu’il n’y a pas beaucoup de progression. Il faut apporter aux automaticiens de terrain, qui viennent d’horizons différents, des moyens transparents pour la programmation, la mise en œuvre et la maintenance. Or ce n’est pas toujours le cas aujourd’hui, les bus de terrain ne sont pas encore correctement intégrés.

Nous ne savons pas encore comment installer un réseau de terrain pour qu’il fonctionne du premier coup. Par exemple les fonctions de diagnostic sont beaucoup trop complexes, forçant à un tâtonnement important.

Il faut bien comprendre qu’il ne nous est pas possible de bloquer une ligne de production pendant des heures, tout cela parce que personne n’est incapable de savoir pourquoi le réseau ne fonctionne plus. Alors avant de passer à Ethernet, il va falloir que les réseaux de terrain d’aujourd’hui deviennent moins chers sur la durée et nous donnent moins de soucis de mise en œuvre. Aujourd’hui, nous en sommes plus à une logique commerciale pour Ethernet qu’à une vraie amélioration des valeurs d’usage ».

Jautomatise N° 17 – Ethernet viable comme bus de terrain ?

IP – l’Impossible Protocole

Réponses des principaux offreurs qui sont tous plus compatibles et ouverts que leurs concurrents… la langue de bois est de rigueur.

Jautomatise N°21 – IP – l’Impossible Protocole

Et merde

Cette année 2003 avec son cortège de fins annoncées, n’est pas vraiment pour nous plaire. 2003 a commencé par le Concorde, fleuron de l’aéronautique française et vient de finir, avec l’Association Worldfip, autre développement bien français.

La fin de l’association Worldfip, c’est la fin programmée de la promotion de Worldfip, et rapidement la fin du réseau Français. Le début de la clarification dans le domaine des bus de terrain.

Jautomatise N°31 – Et merde

L’usine numérique bientôt complète ?

« Le concept d’usine numérique fait son chemin et commence à connaître de beaux résultats. A tel point qu’il risque fort, dans les années à venir, d’entraîner de profonds bouleversements dans les pratiques de gestion des projets industriels, de la conception des produits à l’automatisation des procédés de fabrication » écrivais-je en 2004. Ce fut le cas. Rendez-vous dans le chapitre prochain pour voir l’avancée de l’Usine Numérique.

Jautomatise N°37 – L’usine numérique bientôt complète ?